Durant le Mois de l’histoire des Noir.e.s, les réalités vécues par ces communautés sont au cœur des discussions

Montréal, le 25 janvier 2026

Par Mélissa Jean-Baptiste

Un webinaire aborde les impacts de la discrimination et du racisme systémique sur la santé mentale des personnes afrodescendantes.

L’association canadienne pour la santé mentale (ACSM) anciennement appelée Comité national canadien de l’hygiène mentale a été fondée en 1918. Elle représente l’organisme communautaire du secteur de la santé mentale le plus répandu et le mieux établi au Canada. La filiale de Montréal, pour la promotion et la prévention en santé mentale a vu le jour en 1979. L’oppression, le racisme médical, le traumatisme racial et la carence d’informations quant aux traitements médicaux fragilisent la santé mentale de la communauté noire. Pour sensibiliser la population aux différentes réalités vécues par les minorités visibles, l’ACSM présente des webinaires. Dans le cadre du mois de l’histoire des Noir.e.s et en partenariat avec la Clinique Juridique de Saint-Michel (CJSM), une conférence virtuelle gratuite portant sur la discrimination, le racisme systémique et la santé mentale sera donnée le 19 février 2026 par Brianna Teupe, leur responsable de groupe de soutien psychologique pour les victimes de profilage racial.

Sur cette photo, Caroline Mfuta, la responsable aux formations. Crédit photo : Mélody Dorval

Un tabou intergénérationnel

Le système de santé actuel ne répond pas aux besoins des personnes afrodescendantes ce qui crée un sentiment d’incompréhension. Confrontées à la peur de l’exclusion et craignant de vivre du jugement, elles se méfient des professionnels de la santé. Conséquemment, ceci les amène à dissimuler leurs difficultés ce qui empire leur santé mentale, physique et représente un frein important à leur guérison. Le bien-être psychique est un sujet tabou dans les communautés noires. Il est mal vu de s’exprimer à ce propos auprès d’autrui. En cas de problème, il est plutôt recommandé de s’appuyer sur la religion, explique la responsable des formations.

« La crainte d’être incompris influence grandement notre volonté d’aller chercher de l’aide et les services d’aide ne sont pas réellement accessibles à tous et toutes. Consulter chez un psychologue est devenu très dispendieux. Ils n’ont pas beaucoup de disponibilités et peu d’entre eux sont afrodescendants « Bien que mes parents travaillent dans le domaine, c’est une réalité dont nous ne parlons pas », souligne madame Mfuta.

Les mots apaisent les maux

Les personnes des communautés noires vivent davantage de profilage racial. Cette pratique discriminatoire provoque un stress important et nécessite un suivi psychologique. Soutenu par Bell Cause pour la cause, l’ACSM a mis sur pied des formations sur la santé mentale. Une partie des fonds est dédiée aux minorités visibles. Interpellée par l’offre d’emploi, Caroline Mfuta s’est jointe à l’équipe il y a huit mois. La Clinique juridique de Saint-Michel (CJSM) lutte contre le profilage racial. Le bénévolat de son mari au sein de cet organisme a facilité leur partenariat. La responsable des formations se dit fière de contribuer à cette cause. Depuis, elle observe des changements dans sa vie personnelle. « Récemment, une de mes tantes m’a téléphoné pour parler de santé mentale. Je suis heureuse de normaliser cela dans ma famille, de l’avoir amenée à s’y intéresser et j’espère faire pareil au sein de la communauté », confie la formatrice.