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Mes premiers pas d’immigrants au Québec (suite)

Par Jean Joseph François

 

Jean Joseph francois spécialiste éducation des adultes

Jean Joseph Francois
spécialiste éducation des adultes

 

Mes premiers pas d’immigrants au Québec (suite)

Dans le numéro d’octobre 2020, Jean Joseph François vous a entretenu de ce qu’il pense de la société québécoise, quelle image il avait du Québec avant son arrivée.  Il a parlé des stéréotypes qui alimentent les rêves de beaucoup de ses compatriotes. Il a rendu un témoignage succinct de ses premiers mois de contact avec la réalité culturelle du Québec.  Il a parlé de ses motivations à partir de son pays d’origine et à s’installer au Québec,  Il a relaté les petites victoires de son processus dd’intégration.  Il nous a entretenu de certaines situations et de certains traits qui indiquent une différenciation dans la dynamique de son intégration : La culture individualiste ,  La proximité physique ,La gestion du temps .

Aujourd’hui, il nous entretient au sujet des éléments de différenciation dans le processus de communication

  • Des éléments de différenciation dans le processus de communication 

Dans les relations interpersonnelles,  j’ai relevé  aussi : le sens du regard, la tenue vestimentaire, la ngue, le langage québécois, la sensibilité à des valeurs et aux réalités de vie au Québec

Le sens du regard : S’adresser à quelqu’un avec les yeux baissés en signe de respect est assimilé à de la soumission, de la faiblesse de caractère. Or, dans le transport en commun où j’avais l’habitude de regarder les gens dans les yeux et d’entretenir le dialogue sur des sujets d’actualités, les gens, ici,  restent muets et vous évitent du regard comme s’ils veulent marquer la distance par cette attitude indifférente. Ils ne sont pas intéressés à s’informer sur des sujets qui ne les intéressent pas directement.  Ils sont indifférents à la présence de l’autre.

La tenue vestimentaire : J’ai l’habitude de la catégorisation des gens par leur tenue vestimentaire alors qu’en dehors du personnel des milieux professionnels, la majorité de ceux qui fréquentent les lieux publics, les administrations, ont une tenue généralement sobre. L’habit ne fait pas le moine ici au Québec.

La langue, le langage québécois : C’est un grand avantage pour un francophone en choisissant d’immigrer au Québec, de savoir qu’une bonne maîtrise de  la langue française vous rendra totalement fonctionnel. J’ai appris très vite qu’un bon emploi exige d’être parfaitement bilingue. Dans certains espaces géographiques et institutionnels, le français peut même passer pour une langue seconde. Par ailleurs, la conversation n’est pas toujours aisée avec des interlocuteurs qui s’expriment en québécois. Un effort d’ouverture est particulièrement nécessaire pour saisir certaines expressions spécifiques au milieu ou qui sont localement connotées.

  • La sensibilité à des valeurs et aux réalités de vie au Québec 

Au-delà des différences, il y a des valeurs auxquelles j’adhère, et que je partage dans la société québécoise. Je fais le constat, si on prend la peine d’apprécier, de la richesse du pays et des perspectives qu’il offre aux immigrants qu’il accueille. Je soulignerai dans ce cadre :

Des valeurs de référence: Le respect de la loi, le respect des droits de la personne, des droits de la femme, le pluralisme politique, le dialogue, la reddition de compte, sont des valeurs guides qui sont manifestes et forcent au respect de la société Québécoise. Les immigrants qui se sont battus pour instituer ces valeurs dans leurs pays d’origine apprennent non sans difficulté à s’y conformer et à les traduire dans leurs actes quotidiens.

Le rapport de genre : L’égalité masculin-féminin est un droit acquis au plan légal et une pratique dans la vie commune. Dans la famille, au niveau de la relation de couple, la gestion du revenu, l’éducation des enfants, le principe de l’équité est institué dans les comportements des conjoints et leurs rapports avec l’état. Au niveau professionnel cependant, compte tenu de la complexité de la situation des conditions de l’emploi pour les hommes et pour les femmes, la lutte pour l’équité est bien engagée. C’est certes une société moins machiste que celle du pays d’où je viens.

La richesse de la société : La société québécoise est caractérisée par la cohabitation de différents groupes culturels provenant de l’immigration de tous les continents. Elle est riche d’une foisonnante diversité ethnique. Par ailleurs, le territoire du Québec est un espace géographique  immense, représentant la moitié de l’Inde et près de trois fois la France avec des ressources naturelles importantes et une écologie quasi vierge. Ce qui en fait un potentiel de développement économique important pour le futur, si des efforts sont faits de part et d’autre vers le développement de compétences interculturelles.

Conclusion

Les premiers moments de mon exploration de la vie au Québec ont certainement  présenté des écueils, dus entre autres, à la différenciation culturelle. Malheureusement, certains n’ont pas surmonté les effets de ce choc et des crises qui en ont résulté. Ils ont opté pour la marginalisation ou le refus total et sont retournés dans leur pays d’origine. Cependant, à côté des difficultés, la société Québécoise en pleine mutation offre des perspectives de construction d’un vivre ensemble. Il y a une situation interculturelle qui exige des compétences polyvalentes.

Le contexte de la mondialisation favorise les  mouvements migratoires internationaux.  La société québécoise tout en étant ouverte , pour toutes les raisons , à l’accueil  d’immigrants, a ses fractures sociales et culturelles internes héritées de l’histoire, entre les groupes anglophones, francophones et les autochtones des premières nations. Aujourd’hui, je suis en mesure de dire à mes compatriotes qui piaffent d’impatience que le choix d’immigrer au Québec requiert de dépasser les stéréotypes. Il doit être un choix conscient, fondé sur des prérequis individuels et  des compétences interculturelles pour s’intégrer à la société métissée du Québec,  une société d’avenir.

 

Par Jean Joseph FRANÇOIS



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