La nouvelle exposition du Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM) témoigne des histoires de l’art autochtone du passé à aujourd’hui.
Des nations et des générations utilisent leurs pratiques pour y arriver. Plusieurs de leurs œuvres se concentrent sur des mouvements actuels d’opposition, des eaux, des droits autochtones et de revendication des terres.
Narrer et célébrer les échanges de nation à nation parmi les confédérations autochtones et les moments charnières avec les communautés françaises, néerlandaises et britanniques à travers les âges. Voici le but derrière la toute nouvelle présentation intitulée : Soleils levants : l’art des Confédérations des fleuves et des grands lacs présentée au Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM) du 29 novembre 2025 au 11 octobre 2026. Elle rassemble une vingtaine d’œuvres d’artistes appartenant aux différentes confédérations, rotinonhsión:ni, wendat, w8banakiak et des alliances Anishinaabek des fleuves et des grands lacs, actives depuis les années 1970.

Sur cette photo, Léuli Eshrāghi, conservateurice des pratiques autochtones au MBAM et commissaire de ce projet. Crédit photo : Rhett Hammerton
Soleil à l’horizon
Comme l’île de Montréal est un territoire exposé au soleil levant et positionné à l’est du continent, elle est perçue comme étant le carrefour des écosystèmes, de rencontre mêlant histoire, langues, oralités autochtones et diplomaties. En raison de la position géographique de la métropole, iel commissaire, Léuli Eshrāghi nomme que « le titre de ce projet tombe sous le sens. Il fait également référence à une œuvre de l’artiste abénaquise et wendat, Christine Sioui Wawanoloath intitulée : les gardiens du Waban-Aki. Waban-Aki signifiant « soleil levant », avance iel conservateurice des pratiques autochtones.
Rendre hommage
Autochtone originaire des Îles de Samoa, iel commissaire souhaite honorer les anciens et artistes actuels Rotinonhsión:ni, Wendat, W8banakiak et Anishinaabeg qui se sont démarqués des années 1700 jusqu’à la Révolution Tranquille pour ensuite affirmer leurs droits de 1960 à aujourd’hui. Depuis 2023, il travaille conjointement avec sa stagiaire, Katsitsanò:ron Dumoulin Bush, à la réalisation de ce désir au sein du Musée des Beaux-Arts de Montréal. « L’exposition est une vitrine inouïe et inédite sur l’histoire montréalaise offrant un regard diversifié sur plusieurs voix », soutient iel commissaire.
La qualité et non la quantité
Né sous le signe du bélier, iel conservateurice des pratiques autochtones s’est jeté sur ce dessein avec enthousiasme. Étant bien connu des communautés locales, iel a voulu démontrer au public une plus grande représentativité des artistes, mais par faute d’espace, un choix s’est imposé.
« Nous n’avons pas été en mesure de présenter ce qui avait été initialement prévu. Cependant, je suis tout de même fier du résultat final. Nous continuerons à travailler corps et âme pour offrir à mon peuple la reconnaissance qu’elle mérite. Curiosité pour la littératie autochtone, sensibilisation à notre réalité et réduction des préjugés : voilà la rétroaction souhaitée chez les visiteurs après avoir vu Soleils Levants », exprime iel commissaire du projet.