Ottawa réaffirme la lutte contre le racisme à l’occasion de la Journée internationale
Dans une déclaration diffusée samedi, le ministre de l’Identité et de la Culture canadiennes, Marc Miller, a promis d’« aller plus loin » pour combattre la discrimination raciale. Ottawa met de l’avant une stratégie dotée de 110,4 M$ et un plan de lutte contre la haine totalisant 273,6 M$, tout en reconnaissant que les inégalités persistent.
OTTAWA — À l’ombre des édifices du Parlement, la date du 21 mars n’est pas qu’un repère sur le calendrier diplomatique. La Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale — commémorée partout dans le monde — a servi de toile de fond, samedi, à une prise de parole du gouvernement fédéral qui mise sur deux mots d’ordre : investir et rassembler.
Dans une déclaration transmise par Patrimoine canadien, l’honorable Marc Miller, ministre de l’Identité et de la Culture canadiennes et ministre responsable des Langues officielles, a réitéré « l’engagement à bâtir un monde juste et équitable », où « toute personne racisée au Canada n’a pas à craindre de subir de la discrimination ou des préjugés » en raison de son origine, de sa couleur de peau, de sa langue ou de sa religion.
La journée du 21 mars, proclamée par l’ONU, renvoie à une réalité toujours actuelle : les discriminations raciales ne se limitent pas à des gestes isolés. Elles se traduisent aussi par des écarts de traitement, des obstacles systémiques et un sentiment d’insécurité qui, pour de nombreux Canadiens, s’invite à l’école, au travail, dans l’accès au logement ou dans les interactions avec les institutions.
Ottawa rappelle ainsi la rampe de lancement de sa plus récente stratégie. En 2024, le gouvernement a déployé une nouvelle Stratégie canadienne de lutte contre le racisme, chiffrée à 110,4 millions de dollars. L’enveloppe vise à « soutenir des mesures concrètes dans nos communautés » et à intervenir là où « persistent des inégalités ».
Dans la liste des chantiers, le communiqué énumère des domaines qui touchent le quotidien : l’emploi, la justice et l’application de la loi, le logement, les soins de santé ainsi que les systèmes d’immigration. Autrement dit, des lieux où des décisions administratives et des pratiques de terrain peuvent, volontairement ou non, produire des effets disproportionnés pour les personnes autochtones, racisées ou issues de minorités religieuses.
Le ton se fait plus sécuritaire lorsqu’il est question de haine. Le ministre met de l’avant le Plan d’action canadien de lutte contre la haine, doté d’un budget de 273,6 millions de dollars. Le document présente ce plan comme un outil pour répondre aux inquiétudes exprimées dans plusieurs communautés, au moment où des incidents visant des personnes et des institutions ont alimenté un climat de crainte.
Parmi les mesures mises en avant : des investissements destinés à soutenir les communautés racisées dans le renforcement de la sécurité « dans leurs écoles, leurs lieux de culte et leurs espaces communautaires ». Le choix des mots n’est pas anodin. Il vise des endroits censés être des refuges — salles de classe, temples, mosquées, synagogues, centres communautaires — mais qui, ces dernières années, ont parfois été associés à des menaces, des actes de vandalisme ou du harcèlement.
Autre pièce ajoutée au dispositif : la création, annoncée en février, d’un conseil consultatif sur les droits, l’égalité et l’inclusion. Selon la déclaration ministérielle, l’instance doit « rapprocher nos communautés autour de valeurs canadiennes communes » et guider l’action gouvernementale en matière de lutte contre le racisme et la haine.
Le gouvernement tente ainsi de conjuguer deux niveaux de réponse : d’un côté, des programmes qui s’attaquent aux écarts structurels; de l’autre, une réaction plus immédiate face aux manifestations de haine. Pour plusieurs organismes de terrain, ces deux volets sont indissociables : la discrimination se vit à travers des portes qui se ferment — un emploi, un appartement, un service — mais aussi à travers des gestes qui intimident et qui isolent.
Marc Miller reconnaît d’ailleurs que les annonces et les cadres d’action ne suffisent pas, à eux seuls, à transformer la réalité sur le terrain. « Malgré ces avancées, nous reconnaissons qu’il reste encore beaucoup de chemin à parcourir », écrit-il, pour que les peuples autochtones, les communautés racisées et les minorités religieuses puissent « vivre et s’épanouir pleinement partout au pays ».
Dans une dernière invite, le ministre appelle à transformer la commémoration en levier d’action. « Choisissons d’aller plus loin, de faire plus, et de faire mieux », lance-t-il. L’objectif affiché : un pays où « la dignité, la sécurité et l’égalité des chances » cessent d’être des principes abstraits pour devenir des réalités partagées.
À Ottawa, la déclaration s’inscrit dans une journée de rappels et de bilans, alors que des organisations communautaires et des institutions publiques multiplient, chaque 21 mars, les activités de sensibilisation. Pour le gouvernement, le message est clair : les investissements annoncés et les instances consultatives mises en place doivent se traduire par des résultats mesurables, au-delà des discours. La déclaration a été diffusée par Patrimoine canadien.
source Patrimoine Canada