: l’APQ salue l’aide annoncée, mais réclame des règles claires et adaptées aux propriétaires

Le gouvernement du Québec promet un nouveau coup de pouce financier pour aider les ménages à mieux protéger leurs bâtiments contre les inondations et à accélérer la transition énergétique du parc locatif. L’Association des Propriétaires du Québec (APQ) voit d’un bon œil l’intention derrière ces annonces, tout en prévenant que l’efficacité des mesures dépendra de leur simplicité, de leur accessibilité et de leur adaptation aux réalités des immeubles à logements.

Annoncées mardi, les mesures incluent un investissement de 425 millions de dollars sur cinq ans dans le programme Rénoclimat. L’enveloppe vise notamment des travaux de résilience climatique — interventions aux fondations, installation de clapets antiretour et autres aménagements destinés à limiter les dégâts lors d’épisodes de fortes pluies ou de refoulements d’égouts.

Le gouvernement prévoit aussi de bonifier le programme LogisVert afin d’encourager l’installation de thermopompes dans les immeubles locatifs. L’objectif affiché : réduire la consommation d’énergie, améliorer le confort des logements et diminuer les émissions associées au chauffage, alors que les épisodes de chaleur et les hivers variables mettent à l’épreuve des bâtiments parfois vieillissants.

Pour l’APQ, ces annonces vont dans la bonne direction, mais elles ne constituent qu’un point de départ. « Nous allons prendre le temps d’analyser en détail les modalités, les conditions d’admissibilité et les impacts réels de ces mesures pour les propriétaires locatifs. Il est essentiel que ces programmes soient simples, équitables et réellement applicables sur le terrain », a déclaré Martin Messier, président de l’Association.

L’organisme rappelle que de nombreux propriétaires locatifs doivent déjà absorber une augmentation marquée des coûts d’entretien, des primes d’assurance et des exigences de conformité réglementaire. Dans ce contexte, des subventions mal calibrées — trop complexes, trop lentes ou assorties de critères restrictifs — risquent de demeurer théoriques, particulièrement pour les petits et moyens propriétaires qui gèrent des duplex, triplex ou immeubles de taille modeste.

Plusieurs questions demeurent toutefois sans réponse, selon l’APQ. L’Association souhaite notamment savoir quels seront les critères d’admissibilité pour les immeubles locatifs — par exemple une taille minimale, un nombre d’unités requis ou des conditions particulières selon l’année de construction — et si les programmes tiendront compte des contraintes propres aux multilogements.

Elle demande aussi des précisions sur l’étendue réelle des travaux admissibles et sur les montants remboursables, un élément jugé déterminant alors que les coûts de main-d’œuvre et de matériaux restent élevés. À cela s’ajoute la question des délais : la rapidité d’analyse des dossiers et la capacité administrative des programmes pourraient faire la différence entre une aide utile et une mesure difficile à mobiliser lorsque surviennent des urgences.

L’APQ veut également comprendre comment ces nouvelles subventions s’intégreront dans un environnement réglementaire qu’elle qualifie de plus en plus exigeant, et quels seront les effets sur les interventions prioritaires dans les secteurs à risque d’inondation. « Les propriétaires ne peuvent pas se permettre d’attendre des mois quand des travaux doivent être faits rapidement pour sécuriser un immeuble », fait valoir l’Association, qui insiste sur l’importance de mécanismes efficaces dans les zones vulnérables.

Au-delà des annonces, l’Association rappelle le rôle central des propriétaires dans la qualité et la sécurité du parc locatif québécois. Pour que les mesures atteignent leurs objectifs, l’APQ plaide pour des règles qui reflètent les coûts réels des travaux, les défis liés aux bâtiments plus anciens et les contraintes techniques propres aux immeubles multilogements — qu’il s’agisse de la gestion des chantiers, de l’accès aux logements, de la capacité électrique disponible ou de la coordination avec les occupants.

L’organisation insiste enfin sur la nécessité d’éviter une surcharge administrative qui découragerait les demandes ou retarderait les travaux. Elle dit poursuivre son analyse et entend interpeller le gouvernement au fil de la publication des détails afin de s’assurer que les programmes soutiennent « véritablement » l’entretien, la modernisation et la résilience climatique des immeubles. L’APQ indique qu’elle communiquera davantage d’informations à ses membres dès que les paramètres complets seront connus.

À propos de l’APQ

Fondée en 1984, l’Association des Propriétaires du Québec (APQ) se présente comme la plus importante organisation offrant des services aux propriétaires de logements locatifs au Québec. Elle dessert des propriétaires de toutes les régions depuis plus de 40 ans et propose, notamment, un service d’évaluation des locataires destiné autant aux propriétaires de duplex et triplex qu’aux gestionnaires immobiliers.

Informations : www.apq.org. Source : Association des Propriétaires du Québec (APQ), communiqué diffusé par CNW le 18 mars 2026.