Les parcs de Montréal prennent des airs de cabane à sucre
Quand le printemps s’installe et que la neige commence à se retirer, Montréal renoue avec une tradition bien de chez nous : l’esprit des cabanes à sucre, transporté au cœur des parcs. En avril, l’événement rassemble familles et curieux autour de la musique traditionnelle, de jeux d’antan et d’une animation déambulatoire qui replonge petits et grands dans un imaginaire de bois, d’érable et de réjouissances. Point d’orgue de la journée : la tire d’érable, servie en quantités limitées, dans un décor d’époque grâce à une cabane à sucre mobile installée sur place.
Sans quitter la ville, on y retrouve les marqueurs de cette saison qui, au Québec, rime avec rassemblement : le son de l’accordéon, le rythme des percussions, les éclats de rire autour d’épreuves amicales, les personnages costumés qui circulent parmi la foule, et cette odeur sucrée qui annonce la dégustation. L’idée est simple : transformer le parc en place de village, le temps d’une journée, en recréant l’atmosphère chaleureuse et authentique des érablières.
Musique traditionnelle : accordéon, percussions et concours de cuillères
La programmation met d’abord à l’honneur la musique traditionnelle, véritable colonne vertébrale de l’expérience. Sur scène, parfois tout près du public, des artistes font résonner l’accordéon et les percussions, invitant à taper du pied et à se laisser porter par des airs connus. Cette présence musicale ne sert pas seulement de trame sonore : elle recrée l’ambiance des cabanes à sucre, où les chansons à répondre et les reels faisaient partie du rituel autant que les repas partagés.
Parmi les moments attendus, le concours de cuillères de bois attire autant les initiés que les spectateurs qui découvrent cette percussion populaire. Ici, pas besoin d’être virtuose : l’esprit demeure à la participation et à la transmission. L’animation vise à rejoindre toutes les générations, avec une sélection de pièces entraînantes pensée pour les tout-petits comme pour les adultes, et des transitions qui laissent place aux échanges, aux anecdotes et aux clins d’œil à la culture du temps des sucres.
Jeux d’antan : l’esprit d’équipe avant tout
Autour de la musique, la fête se construit aussi dans l’action. Toute la famille est invitée à se prêter au jeu grâce à une série d’activités inspirées des traditions populaires, où l’adresse compte autant que la bonne humeur. On y retrouve notamment le lancer de la patate, la course de l’acériculteur, le bœuf à sucre, les jeux de fourrure, le lancer du bas de laine, le tir à la corde et même un concours de sciage de bois. Le parc devient un terrain d’épreuves amicales, où l’on encourage ses proches et où l’on apprend, en s’amusant, comment ces jeux servaient autrefois à rassembler les communautés.
Dans un contexte où l’on cherche souvent des activités simples, accessibles et intergénérationnelles, ces jeux d’antan ont l’avantage de faire tomber les barrières : on participe en équipe, on improvise, on rit de ses maladresses et on repart avec l’impression d’avoir partagé un moment « vrai ». Les plus jeunes y trouvent une occasion de bouger et de se mesurer à des défis concrets, tandis que les adultes redécouvrent des gestes et des expressions qu’ils n’avaient pas forcément revisités depuis l’enfance.
Animation déambulatoire : des personnages pour plonger dans l’univers du temps des sucres
Pour compléter l’immersion, des personnages costumés circulent parmi les visiteurs. Les Draveurs-Gaffeurs, figures inspirées du folklore et des métiers du bois — animent les allées, interpellent gentiment les passants et créent des occasions spontanées de photos et d’échanges. Dans cette troupe, Miss Maple et Simone la bûcheronne se distinguent par leur présence colorée : l’une rappelle la douceur de l’érable, l’autre l’énergie des chantiers. Ensemble, ils contribuent à installer un climat de fête, comme si le parc avait été transporté, l’espace de quelques heures, au seuil d’une érablière.
La tire d’érable, finale sucrée (et très attendue)
Mais s’il y a un rendez-vous qui fait l’unanimité, c’est bien celui de la tire d’érable. La dégustation se déroule dans un décor d’époque, rendu possible grâce à une cabane à sucre mobile installée sur les lieux. On y retrouve le cérémonial que plusieurs associent au printemps : l’attente en file, le sirop chaud qui s’étire, puis la dégustation au rythme des conversations et des rires. Les quantités étant limitées, le passage à l’ « espace tire » devient un moment à planifier et à savourer.
Au-delà de la gourmandise, cette dégustation agit comme un symbole : celui d’un patrimoine culinaire qui, année après année, continue de fédérer. Dans une ville où les calendriers culturels se remplissent vite, la simplicité d’une tire d’érable dégustée au grand air rappelle que la tradition ne tient parfois qu’à quelques gestes et à une envie commune de se rassembler quand les journées s’allongent.
Infos pratiques : une fête de quartier à l’échelle de la ville

La SDC Promenade Masson tiendra sa deuxième édition de l’événement Cabane à sucre dans le cadre de sa programmation d’activités festives pour les résidents de Rosemont et Montréal. Cette fête populaire, qui veut rendre hommage aux traditions d’antan du temps des sucres, se déroulera le samedi 11 avril 2026 au Parc du Pélican.
Accessibilité pour les visiteurs
· Accès transport collectif autobus 25 (vers station de métro Rosemont et Préfontaine), 47 (vers station de métro Laurier, St-Michel et Joliette), 67 (vers station de métro St-Michel et Joliette), 94 (vers station de métro D’Iberville et Frontenac) et 467 (vers station de métro St-Michel et Joliette)
· Stationnements payants, disponibles au nord de la rue Masson, entre la 6e et la 9e Avenue
· Stationnements gratuits possibles sur avenues
· Recharges électriques
· Taxi
· Bixi
· Range-vélo
· Wifi gratuit
C’est un rendez-vous. Le monde de Montréal sera sur place.
Paul-Alexis François