Marc Miller salue un Nouvel An persan « qui rassemble »
OTTAWA — À l’occasion de Norouz, célébré ce 20 mars, le ministre de l’Identité et de la Culture canadiennes, Marc Miller, a souligné la portée d’une fête millénaire partagée par des communautés aux racines iraniennes, kurdes, afghanes et d’Asie centrale. Dans une déclaration, il a mis l’accent sur le renouveau du printemps, le sens du rassemblement familial et la diversité linguistique et ethnoculturelle des Canadiens qui marquent ce Nouvel An persan.
Dans une journée où le calendrier bascule symboliquement vers la lumière, « des millions de personnes au Canada et ailleurs dans le monde » soulignent Norouz, a rappelé le ministre. Le premier jour du printemps coïncide ici avec un moment de visibilité pour des traditions qui traversent les frontières et les générations, et qui se déclinent d’une table à l’autre, d’une langue à l’autre.
Norouz, « depuis 3 000 ans », s’ouvre sur des gestes simples qui disent beaucoup : on range, on nettoie, on fait place nette. Le « grand ménage » précède la fête, comme une mise à jour intime avant la nouvelle année. Puis viennent les retrouvailles — familles, amis, proches — et « de bons plats copieux » partagés au rythme des visites et des vœux.
Dans certaines communautés, le cœur de la célébration se rassemble autour de la table du « haft-sin », a indiqué M. Miller, un rendez-vous où l’on se retrouve « avec ses proches ». Ailleurs, la fête s’écrit dans le mouvement : des feux de joie qu’on allume, puis « par-dessus lesquels on saute » pour s’approprier, de manière symbolique, la force du feu.
À mesure que les journées s’allongent, la fête se raconte aussi par des détails du quotidien : une cuisine qui s’anime, des appels passés aux aînés, des visites planifiées, des salutations échangées pour marquer le seuil d’une nouvelle année. Dans son message, le ministre a choisi de nommer ces gestes et ces images — le ménage, la table, le feu — pour rappeler qu’ils sont souvent le langage commun des célébrations, quel que soit l’endroit où l’on vit.
Au-delà des rituels, Norouz reste aussi une affaire de paroles offertes. Le ministre a rappelé l’invitation à souhaiter « chance et prospérité » pour l’année à venir — une formule qui circule de maison en maison, de message en message, et qui fait de cette fête du renouveau une expérience résolument collective.
Dans sa déclaration, M. Miller a insisté sur la pluralité des communautés qui célèbrent Norouz au pays. « Les nombreux Canadiens et Canadiennes qui célèbrent Norouz s’expriment dans une multitude de langues et ont des ascendances ethnoculturelles diverses », a-t-il écrit, évoquant une « mosaïque » qui « symbolise bien la diversité du pays » — une diversité décrite comme une « force » et une « fierté ».
Mais la fête, a-t-il reconnu, n’efface pas toutes les préoccupations. « Cette année, nous savons que de nombreuses personnes d’origine iranienne célèbrent Norouz tout en étant profondément inquiètes pour leurs proches restés en Iran », a souligné le ministre. Il dit avoir une pensée « à tous ceux et celles qui soulignent cette fête dans des circonstances difficiles », rappelant que, même au cœur des réjouissances, l’actualité et les liens familiaux peuvent peser lourd.
Le ministre a par ailleurs lancé une invitation qui se veut plus large que les cercles communautaires. Il a encouragé la population à « en apprendre davantage sur les évènements culturels ancestraux entourant Norouz et les personnes qui le célèbrent », un appel à la curiosité qui rejoint l’esprit même de la fête : ouvrir la porte, accueillir, transmettre.
À Ottawa, la déclaration officielle s’inscrit dans une suite de messages publics qui, chaque année, ponctuent le calendrier des fêtes culturelles. Ici, elle rappelle surtout qu’une même date peut porter plusieurs commencements : celui d’une saison, celui d’une année, et parfois celui d’une conversation entre voisins. Norouz, au fil des diasporas, a conservé son vocabulaire de renouveau — nettoyage, repas, table dressée, feu franchi — tout en trouvant, au Canada, un espace où des appartenances multiples cohabitent.
En conclusion, Marc Miller a souhaité « un printemps doux » et « une nouvelle année à la hauteur des souhaits les plus beaux » aux communautés concernées. Il a clos sa déclaration par une formule traditionnelle — « Har Ruz etan Nowruz, Nowruz etan Pyrouz » — comme un dernier clin d’œil à une fête qui, depuis des millénaires, fait du passage à la belle saison une promesse partagée.