Budget du Québec 2026–2027 : la FADOQ salue 100 M$ pour la prévention et presse pour des soins à domicile mieux financés

 La Fédération de l’âge d’or du Québec (FADOQ) accueille favorablement l’annonce, dans le budget provincial 2026–2027, d’un financement additionnel de 100 millions de dollars sur cinq ans pour renforcer la Stratégie nationale de prévention en santé. L’organisme, qui dit pouvoir contribuer à réduire les maladies chroniques en gardant les aînés actifs et socialement engagés, invite toutefois Québec à diriger une part importante des nouveaux investissements en santé vers les soins et services à domicile.

Dans un contexte où le vieillissement de la population accroît la pression sur le réseau, la somme annoncée pour la prévention est perçue comme un signal positif par la FADOQ. « Grâce à nos 690 clubs locaux et nos 16 regroupements régionaux, nous permettons aux personnes aînées de se rassembler, de demeurer actives et de socialiser. Nous voulons en faire davantage afin de contribuer à l’atteinte des objectifs gouvernementaux visant la réduction des maladies chroniques et le maintien de l’autonomie », a déclaré Yves Bouchard, président de la FADOQ, en réaction aux mesures budgétaires.

Sur le terrain, l’organisation mise sur un réseau d’activités — cours, sorties, ateliers, bénévolat et initiatives d’entraide — qui vise autant la santé physique que la santé psychologique. La FADOQ rappelle que, pour de nombreux aînés, la capacité de « rester en mouvement » et de conserver un tissu social constitue un facteur de protection contre la perte d’autonomie, l’isolement et la dégradation de certaines conditions chroniques. En misant sur la prévention, Québec espère aussi freiner la hausse des hospitalisations évitables et de l’utilisation accrue des services de première ligne.

Le budget 2026–2027 ne s’arrête toutefois pas à la prévention. Il prévoit également une somme additionnelle de plus de 2,16 milliards de dollars sur cinq ans afin de « faciliter l’accès aux soins de santé et aux services sociaux ». Dans cette enveloppe, 811,5 millions de dollars doivent servir à « consolider l’offre de soins et de services dans les établissements publics du réseau de la santé et des services sociaux ». Pour la FADOQ, ces montants, bien que substantiels, devront se traduire par des améliorations concrètes là où la demande est la plus forte — notamment au domicile.

L’organisme recommande qu’une « partie considérable » des nouveaux crédits destinés à l’accès aux soins soit orientée vers les soins et services à domicile. Derrière cette demande, un constat : la plupart des personnes âgées souhaitent vieillir chez elles, mais se heurtent à des services inégaux selon les régions, à des listes d’attente et à une offre parfois insuffisante en soutien à la vie quotidienne (aide à l’hygiène, repas, entretien léger, transport, accompagnement). À défaut, des épisodes de décompensation se traduisent par des passages à l’urgence, des hospitalisations et, parfois, des placements plus précoces en milieu d’hébergement.

Aux yeux de la FADOQ, prévention et maintien à domicile relèvent d’une même logique de continuum. Mieux outiller les aînés pour bouger, bien s’alimenter, garder des liens et repérer tôt les fragilités ne remplacerait pas les services cliniques, mais pourrait en réduire la pression. À l’inverse, des soins à domicile accessibles et prévisibles offriraient un filet de sécurité lorsque l’état de santé se complexifie. L’organisation soutient qu’en travaillant « en amont » — dans les communautés et les milieux de vie — il est possible de gagner des années de vie autonome et, du même coup, d’éviter des coûts plus lourds pour le système.

Avec ses 690 clubs et 16 regroupements régionaux, la FADOQ se présente comme un partenaire déjà implanté dans la majorité des communautés. Cette présence, fait valoir l’organisme, permettrait d’amplifier rapidement des activités de prévention — par exemple en multipliant des programmes d’activité physique adaptés, des conférences sur la gestion de maladies chroniques, des initiatives de lutte contre l’isolement ou des projets intergénérationnels. La fédération insiste aussi sur la complémentarité de son action avec celle du réseau public et des organismes communautaires, qui jouent un rôle central pour joindre des personnes plus vulnérables.

Reste que, pour que les annonces se traduisent en effets mesurables, la question de la mise en œuvre demeure centrale. Dans ses échanges avec le gouvernement, la FADOQ dit vouloir suivre de près la façon dont les fonds seront déployés et ciblés. L’organisme souhaite notamment que les investissements favorisent l’équité entre les régions, où l’accès aux services de proximité varie grandement, et qu’ils tiennent compte de la réalité des personnes vivant seules, à faible revenu ou avec des limitations fonctionnelles. Il plaide enfin pour des indicateurs clairs afin d’évaluer l’impact des mesures, qu’il s’agisse de participation aux activités, de réduction de l’isolement ou d’amélioration de certains facteurs de risque.

En somme, si la fédération salue l’injection de 100 millions de dollars dans la prévention, elle estime que l’effort budgétaire en santé doit aussi miser sur le bon endroit, au bon moment : chez les gens. En orientant davantage de ressources vers les soins et services à domicile, Québec pourrait, selon la FADOQ, répondre au souhait largement partagé de vieillir dans son milieu tout en désengorgeant graduellement les établissements. « Nous voulons en faire davantage », résume M. Bouchard, qui voit dans le budget 2026–2027 une occasion d’arrimer la prévention, l’autonomie et l’accès aux soins au cœur de la communauté.

Paul-Alexis François